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Qu’est-ce que vivre plus longtemps signifiera pour les personnes et pour la société ?

À nous de construire un monde dans lequel nous pouvons vivre longtemps, productifs et heureux !

du monde

« Les durées de vie extra-larges vont radicalement modifier la société et constituent une occasion sans précédent de changer notre approche de la vieillesse, mais aussi de toutes les étapes de la vie. Nous commençons tout juste à nous apercevoir des ramifications … mais en attendant, nous continuons à penser et à planifier la vie telle que nous avons l’habitude de la vivre. »Laura Carstensen, dans « A Long Bright Future »

Chez Stannah, nous nous occupons tous les jours de personnes âgées partout dans le monde et il est vite devenu urgent de comprendre et de répondre à la question : qu’est-ce que vivre plus longtemps signifiera pour les personnes et pour la société ? C’est pourquoi nous nous sommes intéressés à la recherche menée par Laura Carstensen sur les sociétés vieillissantes. Laura Carstensen est professeur à l’Université de Stanford, où elle est également directrice fondatrice du Stanford Center on Longevity. Nous n’aurions pas pu trouver une explication plus inspirante et plus précise de ce que signifie vieillir à l’heure actuelle, ni une approche plus positive face aux défis que pose aux individus et à la société le fait de vivre plus longtemps.

Comme le titre le suggère, nous espérons que le titre « A Long Bright Future » correspond exactement à ce que le 21e siècle va nous offrir : 30 ans d’espérance de vie supplémentaire !

Qu’allons-nous faire de ces vies extra-larges ?

C’est la première question que pose le professeur Carstensen dans son livre. Y avez-vous déjà réfléchi ? Une personne moyenne vivra 30 ans de plus qu’il y a 100 ans. La vieillesse telle que nous la concevons de nos jours est, en fait, un phénomène nouveau. Comme nous l’avons dit dans l’un de nos derniers articles, « Le rôle des personnes âgées dans l’histoire », le fait de vivre jusqu’à 60 ans était l’exception. Seules quelques personnes chanceuses atteignaient cet âge. De nos jours, il est normal de vivre jusqu’à 80 ou 90 ans. Serait-il trop audacieux de dire que nous visons désormais à atteindre les 100 ans ? Selon le professeur Carstensen, en 2009, il y avait 70.000 centenaires aux États-Unis (contre environ 1.900 en Belgique en 2017). C’est quatre fois plus qu’il y a dix ans. Et la bonne nouvelle c’est que d’ici 2050, ce nombre dépassera probablement 1 million.

Mais pour beaucoup d’entre nous, dépasser les 65 ans est synonyme de perte, de déclin et de mort. Nous évitons globalement de penser au vieillissement. Comme le dit Carstensen :

« Dans notre société, nous avons du mal à imaginer être heureux et en bonne santé à cent ans. (…) parce que ces années supplémentaires nous ont été rajoutées de façon si brusque que notre culture n’y est pas encore préparée. » (dans « A Long Bright Future », p. 4)

Nous ne nous sommes pas faits à l’idée, ce qui explique cette angoisse collective par rapport au fait de vieillir, comme si la vieillesse nous privait de tout. Et la réalité est que les aînés sont plus actifs que jamais, qu’ils se débrouillent assez bien, seuls, et qu’ils choisissent de vieillir chez eux. Mais nous ne voulons toutefois pas donner une image romancée de la vieillesse. Il existe des maladies et des difficultés liées à l’âge qui diminuent la qualité de vie de nombreuses personnes âgées, mais la science et la technologie tentent de résoudre bon nombre des problèmes pratiques liés au vieillissement. Nous pouvons donner l’exemple de Stannah, une entreprise qui a mis au point une technologie d’assistance dans le but d’aider ses clients  âgés à vieillir chez eux sans risquer de tomber dans les escaliers.

Chez Stannah, nous avons témoigné de la difficulté qu’éprouvent nos clients à accepter les technologies d’assistance ou les appareils de mobilité qu’ils conçoivent comme une preuve tangible de leur faiblesse. Il existe encore une certaine stigmatisation autour de la vieillesse et depuis plus de 40 ans, Stannah encourage ses clients à accepter le fait de vieillir et à accueillir un « avenir long et radieux » alors que leur environnement et leurs maisons s’adaptent de plus en plus aux personnes âgées.

C’est pourquoi ce livre est si intéressant aux yeux de Stannah ! Être plus inclusifs par rapport au troisième âge et plus conscients de notre environnement social et physique représente un réel défi pour la société : il ne faut pas oublier que « si vieillir est un processus biologique, l’environnement dans lequel nous vieillissons joue un rôle essentiel dans notre façon de le vivre » (p. 8).

Ce que vous pensiez savoir sur la vieillesse est faux !

Avant de réfléchir à ce que signifiera vieillir au 21e siècle, commençons par déconstruire quelques mythes sur la vieillesse. C’est ce qu’aborde le premier chapitre du livre de Laura Carstensen « A Long Bright Future » où elle identifie au moins cinq mythes qui pourraient représenter un obstacle au changement dont nous avons tant besoin :

1 « Les personnes âgées sont tristes et se sentent seules »

Pour le professeur Laura Carstensen, qui a étudié la psychologie du vieillissement ces 30 dernières années, il est devenu clair qu’en termes de stabilité émotionnelle, nos meilleures années viennent à un âge plus avancé.

À l’exception des maladies liées à la démence, les personnes âgées souffrent généralement moins de dépression et d’anxiété, c’est-à-dire que la santé mentale s’améliore généralement avec l’âge.

C’est assez étonnant, parce que nous avons tendance à n’associer le bonheur qu’avec la santé, la beauté et le pouvoir. Qu’est-ce qui rend heureux les personnes âgées ?  Tout dépend de la « sélectivité socio-affective ». Cela signifie que ces personnes trouvent un nouveau moyen d’évaluer les situations afin de déterminer si elles valent la peine d’y consacrer du temps, de l’attention, de l’inquiétude ou de la colère, et se concentrent sur le positif. De même, elles se préoccupent moins de ce que les autres pensent d’elles.

2 – « Nos gènes déterminent notre destin »

Nos antécédents familiaux en matière de santé peuvent donner une indication des risques que nous courons de souffrir de maladies graves comme le cancer, des maladies cardiaques et le diabète, des maladies qui pourraient bien sûr réduire notre espérance de vie. Mais comme le précise le professeur Carstensen : « la prédisposition et la prédiction sont deux choses différentes. » C’est parce qu’il y a un autre facteur en jeu : notre environnement physique et social.

Dans ce contexte, « environnement » signifie non seulement l’environnement physique, mais aussi l’alimentation, le stress, l’exposition aux produits chimiques et le comportement. Nos actions et notre environnement social ont une forte influence sur nous. Il est donc plus intelligent de croire que c’est vous qui choisissez la vie que vous menez, ou pour le dire autrement, « la génétique vous distribue certaines cartes, mais c’est à vous de choisir comment vous les jouez » (p. 26).

3 – « Nous devrions nous dépêcher de quitter la population active »

À l’heure actuelle, une espérance de vie plus longue se traduit directement par davantage d’années de loisirs. Les gens prennent aujourd’hui leur retraite plus tôt que leurs prédécesseurs dans les années 60 et 70. C’est une question très controversée parce que, d’une part, vous avez ceux qui affirment qu’après avoir cotisé pendant plusieurs décennies à la sécurité sociale, nous devrions pouvoir prendre notre retraite plus tôt. Et d’autre part, ceux qui affirment que si tout le monde faisait cela, le système de sécurité sociale irait droit à la faillite. Cela signifie-t-il donc que nous devons tous travailler plus longtemps ? À une époque où nous devrions vivre jusqu’à quatre-vingt ou nonante ans, voire au-delà, sommes-nous prêts à vivre deux ou trois décennies de loisirs ? Mais surtout, pouvons-nous nous permettre une retraite s’étendant sur plusieurs décennies ? Le modèle a été conçu pour une durée de vie plus courte. C’est pour cette raison que travailler pendant 40 ans et économiser pour 40 ans de loisirs ne semble pas une solution réaliste.  Certains disent que si nous pouvions rendre notre vie professionnelle plus satisfaisante tout au long de la vie, nous pourrions augmenter l’âge de la retraite, même si cela ne serait pas juste pour les gens dont le travail est particulièrement épuisant. Un modèle potentiellement viable serait par exemple de pouvoir choisir entre un travail à temps partiel, du bénévolat ou, comme le suggère Carstensen, se lancer totalement dans une seconde carrière ».

4 – « Les personnes âgées sont un fardeau pour la population mondiale »

Les mythes relatifs aux pénuries et à la surpopulation mondiale sont les plus dangereux car ils ouvrent la voie à une compétition intergénérationnelle. En réalité, l’éducation, les revenus, les soins de santé, l’hygiène publique et la nutrition, tous les facteurs qui conduisent à une augmentation de l’espérance de vie, sont aussi à la base de la diminution du taux de natalité.

Au final, la population ne sera pas plus importante, elle sera plus grisonnante. Cela n’est toutefois vrai que pour les pays industrialisés et développés. Le scénario sera tout à fait opposé en Afrique et dans certaines parties d’Asie et du Moyen-Orient où l’espérance de vie est plus courte et les taux de natalité plus élevés.

5 – « Nous vieillissons seuls »

Tout le monde vieillit. Rien ne peut arrêter le processus de vieillissement. Vous n’êtes donc pas tout seul !

« Vieillir est inévitable. La façon dont nous vieillissons, en revanche, ne l’est pas. Vous allez très probablement passer environ trois décennies de votre vie en tant que personne âgée. » Et notre défi à tous sera de définir la personne que nous voudrons être quand nous serons vieux : « Aiderez-vous les plus jeunes à développer leur carrière ou leur montrerez-vous comment se faire respecter à nonante ans ? Serez-vous le meilleur grand-parent qu’un enfant ait jamais eu ? Serez-vous l’une de ces créatrices de mode qui développe des lignes de vêtements tendance pour les femmes de plus de septante ans ? » (p. 40)

La question est la suivante : sommes-nous tous prêts à relever le défi ? Tous ensemble ?

Qu’est-ce que ce sera d’être vieux au 21e siècle ?

 « Nous avons l’intelligence et nous avons les chiffres. Voyons cela comme la dernière révolte des baby-boomers. » (p.12).

En brisant certains mythes et fausses idées sur le vieillissement, Laura Carstensen nous guide vers les nouvelles possibilités que nous offre une vie plus longue, sans l’angoisse de vieillir. Elle nous donne des conseils sur la façon de nous préparer adéquatement à un avenir long et radieux, autant en tant que personnes qu’en tant que société. Il est clair qu’elle envisage un vingt-et-unième siècle où les baby-boomers et les générations suivantes pourront mener une vie plus longue, plus productive et plus heureuse.